Ca promet des lendemains qui chantent tout ça, non ?
Je vis dans un monde...
Cet après-midi, j'étais seule dans mon bureau. Un sublime mec métis aux yeux bleus translucides est entré pour me demander où se trouvait le casting de beaux gosses.
J'ai répondu : "Bureau 225 au fond du couloir".
Alors, du coup, je m'interroge :
Est-ce que je manque vraiment de répartie ou je suis mûre pour un remake de "Y'a que la vérité qui compte, la vérité est au fond du couloir" ?
Ce soir sinon, je suis allée au concert de La Caution.
J'y ai rencontré une vieille connaissance d'il y a dix ans, qui s'etonna grandement de me croiser, moi, à un concert de rap.
C'est seulement au moment où j'agitai les bras sur "Je viens du 93" que j'ai eu un doute.
Si j'avais mis un sweat à capuche, aurais-je vraiment été moins ridicule ?
Demain, enfin, j'irai passer le week-end à Toulouse.
Soudain, je me questionne. Et si demain, j'étais encore à côté de la plaque ? Et si je cumulais les temps de retard pendant la nuit ? Et si je finissais finallement mon week-end à Montauban ?
Quand j'étais petite, rien ne m'énervait plus que la fin des dessins animés et autres films pour enfants : c'était toujours pareil, c'était toujours les gentils qui gagnaient à la fin.
Moi, j'aurais aimé que les méchants gagnent de temps en temps. Juste une fois, pour voir.
Aujourd'hui, fin 2007, la vie n'est plus un dessin animé et j'aimerais tant que les gentils gagnent à la fin.
Juste une fois. Pour voir...
Mais, Benazir Bhutto a été tuée d'une balle dans la tête.
A chaque époque ses repères, ses modes et ses icônes.
En des temps lointains, où on mesurait la taille de sa bite à la marque de son cartable, le Tann's était une valeur sûre.
Aujourd'hui, le luxe, le vrai, n'est pas un cartable en croûte de cuir qui côute un bras.
La classe, aujour'hui, c'est d'avoir 1400 amis dans Facebook, d'être un bloggeur, oui mais influent, de payer son loyer avec
ses Google ads, de jeter tous ses Cds, parce que merde Deezer, c'est génial.
Alors sans tomber dans l'écueil du "c'était mieux avant", c'était quand même mieux avant :
- Pour construire son réseau, on achetait des potes avec des bonbecs.
- Vous racontiez vos petits tracas dans votre journal intime : c'était un peu comme un blog (c'est à dire sans lecteurs), mais avec un cadenas en plus.
- On payait pas de loyer parce qu'on vivait encore chez ses parents.
- On n'avait pas de Cds, parce qu'on avait des cassettes.
Oui, c'était mieux avant et je ne vois pas pourquoi on casserait les vieux pots dans lesquels on fait les meilleures soupes.
Alors, c'est dit : Chaque nouvel inscrit à la Newsletter de "Je vis dans un monde" recevra un paquet de bonbec.
A l'ancienne. A la régulière.
T'as ton blog ? Ouai et ça risque de me coûter cher...
Après Pénélope Jolicoeur, Eleonore Zuber a décidé, elle aussi, de s'inspirer de ma vie pour faire de la BD...
Heureusement, elle ne raconte pas tout. Parce quand je picole un peu trop, je peux aussi :
- Devenir toute verte en boite de nuit et demander à rentrer dans le quart d'heure
- Danser la bourrée (c'est le cas de le dire) en faisant virevolter mes jupons
- Fumer 3 paquets de cigarettes et surtout ceux des autres
- Faire pipi dans la rue
- Rouler des galoches à des filles
- Finir dans une soirée touche-pipi avec des Bears (...)
- Vomir au réveil et promettre que plus jamais je recommencerais
- Recommencer le soir même
Et c'est ça qu'est chouette...
Comme Anne Roumanoff, je n’ai pas trop de mérites à être fidèle.
Non pas que je n’ai pas un physique facile, m’enfin tout de même, rares sont les hommes qui se jettent à mes pieds.
Si j’étais une femme fatale, une séductrice vénéneuse, une charmeuse de serpents… Bref, si j’étais bonne, je me vautrerais avec délectation dans la luxure, le stupre et la
fornication.
A l’instar de Jean-Luc Bideau dans « Et la tendresse ? Bordel ! », je me laisserais tenter par toutes sortes de mâles. Je collectionnerais les conquêtes, parce que ça doit pas être mal une
conquête. Je saurais dire avec classe : « ah, j’en ai bouffé des bites… »
Seulement voilà, la seule chose que je peux dire avec classe, c’est « Ah, j’en ai bouffé des frites… »
Vous noterez, de surcroit, la classe toute relative…
J’ai pris un coup de vieux, c’est indéniable.
Samedi, lorsque je suis allée à la techno parade, il était évident que j’entrais dans la fourchette haute des classes d’âge représentées.
D’ailleurs, les jeunes autour de moi ne s’y sont pas trompés. Ils m’ont chahutée à maintes reprises : un des leurs est allé jusqu’à m’appeler Madame ( !?!)
Bon, c’est vrai, ça fait déjà bien longtemps qu’on m’appelle Madame. Tellement longtemps d’ailleurs, que quand un commerçant distrait me donne du Mademoiselle, c’est bien simple, j’ai envie de
l’embrasser.
A partir de quand tout bascule ? A quels signes ténus reconnaît-on finalement une Mademoiselle d’une Madame ? Moi, je n’ai rien vu venir.
Ne vous méprenez pas, je ne refuse pas de vieillir, bien au contraire.
On m’avait dit tellement de bien de la trentaine. Pire, on me l’avait survendue !
"Tu verras, la trentaine c’est l’âge où on vous propose des postes à responsabilités, où tu te fais plein de blé, où tu brilles dans les dîners en ville tellement tu t’es cultivée depuis le bac,
où sexuellement ça n’a rien à voir (aaah l’épanouissement de la trentaine et l’acceptation de son corps pour un plaisir sans tabous)".
Autant être franche, le jour de mes trente ans, je n’ai observé aucun changement notable.
Mais bien consciente, qu’il faut du temps pour que le miracle s'accomplisse, j’ai pris mon mal en patience.
Sauf que voilà, dans quelques semaines, je fêterai mes 32 ans, et j’attends toujours.
- J’ai constaté avec amertume que ma cousine de 16 ans connaissait par cœur les noms de tous nos ministres, alors que j’ai toujours un doute sur les réelles fonctions de François Fillon.
- J’ai effectivement plus de responsabilités dans mon boulot, mais j'aime encore moins travailler.
- Quant à l’acceptation de son corps pour une sexualité sans tabous, il m’est difficile de me projeter en guêpière dans la dernière boîte à cul de Paris, alors que chaque matin je demande encore
à mon mec s’il trouve que j’ai grossi.
Alors la trentaine et le Nirvana, on repassera…
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