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Réclame

Sans garantie



Je n'ai jamais pu faire de yoga. Chaque fois qu'on me dit : "Assied-toi et ne pense à rien", ça me rappelle trop le bureau.
Fred Cristallini

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Encore aujourd’hui, alors que je suis une femme libérée qui travaille et gagne sa pitance, je ne peux m’empêcher d’être pétrie de culpabilité après un achat futile.


Bien sûr, pour me soigner et vivre pleinement la société de consommation, j’ai tout essayé :
Acheter beaucoup et pas cher. Acheter peu et très cher. Acheter beaucoup et très cher. Et même acheter peu et pas cher, c’est dire.

Pourtant, rien n’y fait, je n’assume pas encore mes chaussures à 200 euros achetés la semaine dernière et toujours pas mon collier à 1€80 acheté aujourd’hui sur Ebay.
Parce qu’une question me taraudera toujours : En avais-je vraiment besoin ? Etait-ce vraiment nécessaire ? Bien sûr que non et c’est bien là le soucis.

Car, comprenez-vous, ce raisonnement des plus pervers sous-entend qu’il existe des dépenses légitimes et illégitimes. Or, si comme moi, vous vous persuadez qu’il existe des achats honorables, vous êtes foutus.

C’est ainsi que parfois, écoeurée par ma superficialité, je m’autorise quand même à claquer tout bon blé en toute bonne conscience.

J’ai en effet trouvé la parade : je claque en produits culturels.
J’achète des livres que je ne lirai jamais, je m’offre des disques que je n’écouterai qu’une seule fois, je réserve des places de concerts auxquels je m’ennuierai.
Et pour tout vous avouer, quand j’en ai fini avec la culture, et ma carte bleue s’agite encore au fond de mon sac, je peux encore acheter de la bouffe.

S’agit pas seulement de nourrir son âme et son esprit, faut-il encore savoir prendre des forces.
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