Je vis dans un monde...
La secrétaire d'Etat à la politique de la Ville Fadela Amara nous a pondu un plan gouvernemental pour les banlieues, qu'elle nomme, parce qu’elle a le sens de la formule, le plan "anti-glandouille".
Ce plan, ciblé sur l'emploi des jeunes des cités sensibles, a déjà donné lieu à une concertation par l'intermédiaire d'un blog sur internet qui a permis de recueillir plus de 10.000
contributions. (Mais qui a participé à ça ???)
Forte de cette popularité, notre Fadela s'emballe et déclare :
"Il y a une mesure qui est résumée par un concept, c'est tout simplement tolérance zéro pour la glandouille".
Et là, je m’interroge.
Que risque-t-on, demain, concrètement , si on est pris en flagrant délit de glandouille ?
Imaginons pour voir :
C’est lundi matin, et parce que vous avez compris que travailler plus pour gagner plus c’est des conneries tout ça, vous appelez le bureau pour dire que vous ne viendrez pas aujourd’hui.
Vous vous organisez une bonne journée de glande au lit, toutes lumières allumées (tant qu'on y est vous êtes contre les économies d’énergies) tout en fumant des clopes (parce que fumer tue).
Soudain, votre voisine, alertée par la lumière qui filtre sous votre porte appelle la police :
« Allo, le commissariat ? Venez vite, j’en peux plus, y’a quelqu’un qui glande dans l’appartement d’à côté ! »
Les flics débarquent. Vous n’avez pas eu le temps d’éteindre la téloche, vous ouvrez la porte en chaussons, c’est le drame.
« Bonjour Madame, on nous a signalé de la glandouille dans l’immeuble. Vous avez un certificat médical ? On peut savoir ce que vous foutez en chaussons ? Vous avez regardé les feux
de l’amour ces deux dernières heures ? Veuillez nous suivre au commissariat »
L’histoire ne dit pas si vous finirez en taule, si vous perdrez votre emploi, si vous écoperez seulement de 50 heures de loisirs forcés…
Le militantisme pour le droit à la paresse n’est pas tout jeune (Paul Lafargue, 1880), mais n’a jamais été autant d’actualité.
Alors, glandeurs de tous pays, unissez-vous !
A ce propos, qui veut organiser avec moi une journée nationale de la glande, où on glanderait en bande (subversion absolue) ?
Mais euh... on ne sera pas obligé d'aller en banlieue quand même ?!!!
Non, Julie, on reste citoyenne, on soutient comme on peu notre jeunesse défavorisée et désoeuvrée, mais on va pas en banlieue.
Je te rappelle que les bandes menacent Paris
en gros un gars qui reste chez lui juste un jour, et qui ne devrait pas culpabiliser parceque comme dit ma collègue "après tout, on ne sauve pas des vies" on ne fait que gonfler le portefeuille de mecs qui savent déjà plus quoi faire de leur fric!
bel article ;-) vive la glande, la flemme, le plaisir de prendre le temps!
Bon, c'est vrai que pour moi, c'est un peu plus facile que pour d'autres vu que ca fait 8 mois que je glande et que dès que j'ai repris le boulot, j'ai démissioné (qui suis-je ?), mais c'est vrai qu'il faut arrêter les conneries, merde !! Les travailleurs ne sont rien d'autre que des pôv gens qu'on empeche de glander. Contrairement aux glandeurs qui ne sont pas des gens qu'on empeche de travailler. Comme quoi le propre de l'homme est de glander et non pas travailler.....
> La Nymphette : Et pourtant si tu savais à quel point je n'aime pas Guy Carlier. Mais si c'est toi qui le dit, je viens bien revoir mon jugement trop hâtif... Si je tombe sur son livre, je l'ouvrirai.
> Billyced : c'est délirant, ton histoire me rappelle vraiment quelquechose. J'ai un pote, qui est un gros tire-au-flanc, qui a posé sa dem', 24h après la reprise du boulot (après 8 mois de pause). C'est abusé non ? En tous cas, je vois que tu es très motivé par cette journée de la glande. Pour la peine, tu seras le trésorier.
> Lacousine : c'est drôle, nous avons parlé de ce problème épineux de la bouffe, pas plus tard qu'hier soir. Les parisiens ont opté pour la livraison à domicile. Pour les campagnards, je suggère la préparation d'un plateau repas la veille.
Bon, je vois que la révolte s'organise et que chacun est prêt à mettre du sien pour glander. C'est courageux.
Il faut maintenair l'effort et j'attend maintenant vos suggestions pour rédiger la charte de cette journée, qui j'en suis sûre, s'inscrira dans l'histoire
Si je glande chez moi, je glande en survet, parce que j'ai la flemme de m'habiller et quitte à glander autant le faire à fond.
Mais si je dois glander en bande, il faut que je m'habille et que je sorte de chez moi pour retrouver ma bande.
La banlieue la bien compris il faut glander en survet en bas de l'immeuble.
Isidora, tu crois que ta concierge serait assez sympa pour nous laisser glander en buvant un gatorade après le sport en survet un soir ?
Isa, tu nous livre là une excellente analyse du savoir glander en société. Grâce à ton commentaire et à celui de Chickenbabe, je commence à réaliser que cette journée de la glande soulève tout un tas de questions fondamentales.
- Est-ce qu'organiser une journée de la glande, c'est vraiment glander ?
- Peut-on glander en bande quand on vit dans Paris intra-muros ?
- Est-ce que je dois vraiment acheter un survet ?
- Plutôt Gatorade ou plutôt 8/6 ?
- Qui peut amener du chichon ?
Pour info, en attendant la journée de la glande, je n'ai pas chômé. Je vous envoie dès demain l'adresse du blog "La journée de la glande".
Glandeurs de Paris et de Belle Epine, restons groupés !
> Jerjer et L'intello du dessous : Vous tombez bien. J'ai besoin d'une caution intellectuelle pour cette journée de la glande. J'attend encore vos inscription sur journeedelaglande@yahoo.com
Et si vous avez le temps, et sans vouloir vous commander, une petite bafouille sur "Glander, une nécessité ?" serait la bienvenue.
Alors, oui à la journée de la glande, mais tentez aussi la Moulattitude !